3. UNE VILLE AVEC UN ENVIRONNEMENT DE QUALITÉ


3.1. AIR


L’air pur est vital pour l’être humain. Toutefois, alors que nous pouvons choisir notre nourriture et nos boissons presque à notre gré, il n’en va pas de même pour notre respiration. Malheureusement pour notre santé, Sion est à certains moments de l’année l’une des villes les plus polluées de Suisse.

Pour les dioxydes d’azote (NO2), la moyenne journalière de 80 μg/m3 ne doit en aucun cas être dépassée plus d’une fois par année. A Sion, cette valeur de 80 μg/m3 a été dépassée à 14 reprises en 2006.

Pour les particules fines (PM10) en suspension dans l’air, la moyenne journalière de 50 μg/m3 ne doit en aucun cas être dépassée plus d’une fois par année. A Sion, cette valeur de 50 μg/m3 a été dépassée 35 fois en 2006. Or, le lien entre la concentration de PM10 et la hausse du taux de mortalité par cancer et maladies cardiaques est largement démontré. On estime que les particules fines sont à l'origine de 3’000 à 4’000 décès prématurés chaque année en Suisse.

Face à ces constats, les autorités politiques ne peuvent rester inactives. Il s’agit de prendre à l’échelle de la commune des mesures ambitieuses et courageuses afin d’inverser la tendance et d’améliorer très sensiblement la qualité de l’air de la région.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS : une réduction du trafic motorisé par le développement de mesures incitatives favorisant la mobilité douce (création de parkings périphériques ; multiplication des zones de rencontre ou 30 km/h, des rues résidentielles et des espaces piétonniers dans chaque quartier ; réalisation d'un réseau cyclable sûr, rapide et commode) ;
un soutien et une promotion active de la construction de bâtiments économes en énergie (Minergie) ;
de favoriser l’assainissement énergétique des anciens bâtiments, d’une part par le biais de diagnostiques énergétiques et d’autre part par le biais de subventions pour encourager la réalisation des mesures préconisées ;
développement de l’électricité verte et promotion de la consommation de l’électricité verte ;
d’utiliser la chaleur de l’UTO pour développer un système de chauffage à distance ;
de contrôler plus fréquemment les feux en plein air.


3.2 DÉCHETS


En 30 ans, la quantité de déchets traités par l’UTO a explosé, passant de 16'000 tonnes à 60'000 tonnes. L'incinération des déchets coûte cher à la collectivité, car pour protéger l'environnement, il faut faire appel à des technologies très sophistiquées. Le nouveau four qui vient d’être posé dans la déchetterie représente ainsi un investissement de 30 millions de francs !

Aujourd’hui encore, le taux de recyclage de nos ordures ménagères ne représente qu’environ 20%. Lorsque l’on sait qu’environ 70 % de nos déchets sont valorisables, nous mesurons le chemin qu’il reste à parcourir. Pour atteindre un taux de recyclage réaliste de 40 %, la Ville de Sion doit impérativement revoir sa politique dans le domaine des déchets urbains.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS : de fixer comme objectif un taux de récupération des déchets de 40 % ;
une mise à disposition dans chaque quartier d’une infrastructure moderne, adaptée et de proximité afin de permettre une récupération optimale des déchets (verres, déchets organiques compostables, huiles, fer blanc, aluminium, piles…) ;
un réexamen de la politique communale d’information sur le tri des déchets (informations dans les écoles, informations multilingues, etc.) ;
la mise sur pied d’un concept de tri des déchets pendant les manifestations sportives et culturelles de la Ville ;
une meilleure revalorisation des déchets.


3.3. EAU


Chacun d’entre nous consomme en moyenne environ 162 litres d'eau potable par jour. Bercé par le sentiment rassurant d’être au cœur du château d’eau de l’Europe, nous n’avons pas forcément conscience du fait que l’eau est un bien précieux qui deviendra de plus en plus rare. Déjà, l’augmentation de la consommation d’eau ne va pas sans causer d’importants problèmes à la Ville de Sion qui doit trouver de nouvelles sources d’approvisionnement. Or, la construction de nouveaux puits de pompage est extrêmement coûteuse et se chiffre en millions. La qualité moindre de nos eaux souterraines incite aussi la ville à acheter plus d’eau de source aux communes avoisinantes (Savièse et Grimisuat), ce qui augmente notre dépendance en la matière.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS : de soutenir financièrement les particuliers qui investissent dans des infrastructures permettant des économies d’eau (récupération des eaux de pluie, toilettes sèches, pose de réducteur de débit…) ;
d’informer et de sensibiliser la population aux économies d’eau en faisant notamment figurer sur ses factures d’eau un graphique montrant l’évolution de la consommation individuelle des dernières années ;
d’offrir des bilans de consommation d’eau et proposer des mesures techniques ou comportementales qui permettront à tout un chacun d’économiser non seulement de l’eau, mais aussi d’obtenir de substantiels rabais sur leurs factures ;
de freiner le boom de la construction des piscines individuelles privées par la construction d’une piscine communale de quartier qui renforce également le lien social.

Préserver la qualité de l’eau

D’une manière générale, la qualité de notre eau potable est bonne. Les pollutions récentes qui ont affecté les eaux des villes de Sierre et Monthey, ainsi que la commune de Salins, doivent nous inciter à la prudence. Lorsque l’on sait que 60 % de notre eau provient de la nappe phréatique, qui est soumise à des contraintes de plus en plus importantes, il s’agit indéniablement de rester vigilant afin de maintenir une bonne qualité de l’eau. Il faudra s’interroger notamment sur les risques potentiels de pollution liés à la multiplication d’installations thermiques utilisant la nappe phréatique.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS : de restreindre les autorisations d’utilisation de la nappe phréatique par des installations thermiques.

La mise en séparatif

Pour les eaux usées, une saine gestion des flux passe par l’extension rapide et planifiée du système séparatif des égouts. Aujourd’hui la plus grande partie des eaux pluviales partent dans les égouts pour aboutir finalement dans les stations d’épuration. Cela est un non-sens car non seulement l’eau de pluie n’a pas besoin d’être traitée mais elle surcharge complètement les installations de traitement des eaux usées lors de fortes pluies. D’autre part, l’acheminement de ces eaux de pluie occasionne de nombreuses inondations qui pourraient être évitées par la mise en place du Plan Général d’Evacuation des Eaux (PGEE). Ainsi, nos deux stations d’épuration (Châteauneuf et Chandoline) n’auraient qu’à traiter les eaux usées, ce qui les rendrait plus efficaces.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS : de réaliser le PGEE dans les plus brefs délais ;
des collaborations intercommunales pour le PGEE régional.

La troisième correction du Rhône

La troisième correction du Rhône est le chantier du siècle de notre canton. Lors des dernières crues, notre ville a connu des inondations qui ont causé des dégâts importants. Si les pluies avaient encore été un peu plus abondantes ou si les digues avaient lâché, les dégâts se seraient chiffrés en centaines de millions. Ce risque, nous ne pouvons plus le prendre. De plus, le Rhône doit être pensé comme un lien unissant les habitant-e-s de la commune. C’est pourquoi le projet de la troisième correction du Rhône ne peut être pensé uniquement en terme sécuritaire.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS : un projet de 3e correction du Rhône qui ne se limite pas seulement à son volet sécuritaire. Il doit également comporter des dimensions environnementales et sociales qui permettront de redonner à notre fleuve la place qui est réellement la sienne.

Le réaménagement de la Borgne

Le projet de réaménagement de la Borgne arrive maintenant dans sa phase finale. La mise à l’enquête sera publiée cet automne. L’AdG défend pour sa part un projet plus ambitieux qui offre à la population sédunoise un véritable poumon naturel.


3.4 ENERGIE


Utiliser rationnellement l’énergie

Depuis une année, les sédunois-e-s ont pu constater que le prix de leur électricité avait augmenté de l’ordre de 30 %. Comment l’expliquer ? En 2005, la consommation d’électricité sur le réseau de l’ESR a crû de 3.8 % (moyenne suisse = 2.1 %). Rapporté sur dix ans, cette augmentation de la consommation représente la production actuelle de la centrale hydroélectrique de Bramois ! Aujourd’hui, nous ne sommes plus maîtres de notre destin. Pour satisfaire nos besoins, nous importons environ 25 % de notre électricité. Or, sur le marché européen, le prix de l’énergie a pris l’ascenseur, ce qui explique les hausses actuelles. Il y a un autre défi majeur étroitement lié à celui de l’énergie : le réchauffement climatique. Les rejets de CO2 provoqués par la consommation des énergies fossiles causent des dégâts considérables à notre environnement et ont des conséquences coûteuses.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS : un soutien accru et durable en faveur d’une utilisation rationnelle de l’énergie (meilleure isolation des bâtiments, utilisation des technologies de dernière génération, etc.) ;
la promotion du label Minergie ;
le renforcement du Service de l’édilité en vue d’un meilleur contrôle du respect de la norme SIA 380/1 ;
le renouvellement de l’éclairage public permettant une baisse de 30 % la consommation énergétique ainsi qu’une diminution de la pollution lumineuse ;
I’instauration de l’étiquette énergétique sur tous les bâtiments communaux ;
d’informer et de sensibiliser les citoyen-ne-s sur les économies d’énergie.

Développement de nouvelles sources d’énergies renouvelables

Sur un deuxième plan, nous devons trouver de nouvelles sources de production d’énergie. Nous soutenons la démarche de la Ville qui souhaite participer au développement de projets éoliens à Charrat ou au col du Sanetsch. Cela n’est cependant pas suffisant et il faut impérativement étudier le développement de nouveaux projets innovants (biogaz, géothermie, énergie solaire…). Parmi les pistes les plus intéressantes, il faut relever celle de l’UTO, dont une partie non négligeable de la chaleur est aujourd’hui perdue. Selon des estimations sérieuses, la récupération de cette chaleur permettrait de chauffer environ 10'000 appartements.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS: la mise en valeur de la chaleur de l’UTO pour développer un système de chauffage à distance ;
l’abandon de l’achat d’énergie nucléaire ;
la promotion de la vente de l’énergie verte auprès des Sédunois-e-s ;
d’augmenter la part des énergies respectueuses de l’environnement dans l’approvisionnement de la commune ;
d’équiper les bâtiments publics en panneaux solaires ;
de réduire la consommation énergétique des installations et bâtiments publics.


3.5. BRUIT


L’AdG n’est pas fondamentalement opposée à l’aéroport de Sion, en particulier l’aéroport civil. Par contre, elle constate malheureusement que sous l’angle des nuisances sonores la situation s’est non seulement dégradée ces dix dernières années, mais qu’elle va encore empirer à l’avenir. Pour s’en convaincre, il suffit de constater qu’entre 1995 et 1999, le nombre de passagers empruntant l’aéroport de Sion a diminué de 10'000 unités, alors que dans le même temps le nombre de mouvements d’avions a lui augmenté ! Les perspectives sont d’autant moins optimistes que selon le rapport de l’institut de Transport Aéronautique de Paris (ITA), l’aéroport de Sion devrait connaître une augmentation du trafic aérien de plus de 30 % d’ici 2010 et de plus de 60 % d’ici 2020. Par ailleurs, le modèle utilisé par la Commune pour calculer les courbes d’exposition au bruit ne reflète pas la réalité à laquelle la population sédunoise sera confrontée. Elle prend en effet comme base de calcul des valeurs qui seront largement dépassées selon les prévisions de l’ITA.

Mais pour ce qui est du bruit, ce n’est pas les mouvements civils qui sont gênants, mais plutôt les mouvements militaires qui sont une grosse source de nuisance pour la population de Sion et de ses environs.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS : la réduction du bruit causé par l’exploitation de l’aéroport, principalement l’aérodrome militaire (diminution des vols militaires, murs anti-bruits, mesures compensatoires, fenêtres anti-bruits…) ;
l’établissement d’un dialogue constructif et transparent entre les communes riveraines, l’Association des Riverains de l’Aéroport de Sion (ARAS), la commune de Sion et la direction de l’aéroport ;
de soumettre le Règlement de l’Aéroport à l’approbation du Conseil Général ;
d’augmenter la taxe sur le bruit pour les avions atterrissant à Sion ;
une étude indépendante permettant de calculer les retombées économiques de l’aéroport.


3.6. PAYSAGE


Depuis de nombreuses années, l’AdG s’est investie pour une meilleure préservation du capital paysager de la Ville. Il y a sept ans déjà, nous étions intervenus tant au conseil communal qu’au conseil général pour demander la préservation des murs en pierres sèches du coteau sédunois. Nous demandions notamment le respect du Règlement communal de construction et de zone qui a comme premier but de « protéger les valeurs historiques et culturelles, les sites et les éléments naturels dignes d’intérêt ». La plupart du vignoble situé sur le coteau sédunois se trouve en zone agricole protégée. Or, le Règlement communal prévoit que « dans ces zones, le maintien des caractéristiques essentielles du paysage doit être préservé ». Un peu plus loin, le même Règlement prévoit même que « le Conseil municipal peut encourager, par des subventions, les travaux indispensables à la sauvegarde des éléments caractéristiques du paysage à protéger ».

En 2007, suite à un postulat de l’AdG, la Ville a enfin – à l’instar de la commune de Fully - décidé de s’investir dans ce dossier. Dans un premier temps, il s’agira de constituer un syndicat d’initiative en vue de réaliser un inventaire des murs à préserver. Sur cette base, la Ville devra inscrire des montants afin de subventionner les propriétaires de vignes souhaitant maintenir en état leurs murs en pierres sèches. Sous l’angle paysager, un autre dossier préoccupe l’AdG : la construction de la ligne électrique sur le coteau de Salins aura un impact visuel important.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS : que la Commune subventionne la réfection des murs en pierre sèche du coteau sédunois ;
que la Ville soit attentive à plan.


3.7. ELECTRO-SMOG


Depuis la libéralisation du marché de la téléphonie mobile, le nombre d’antennes a explosé sur notre territoire. Certain-e-s habitant-e-s de communes voisines ont manifesté leur inquiétude, notamment à Sierre et à Zermatt.

C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS : que la commune instaure un moratoire sur l’implantation de nouvelles antennes de téléphonie mobile à proximité immédiate de toute habitation.