A. SÉCURITÉ PUBLIQUE ET CIVILITÉ
La société doit assurer à ses membres la sécurité qui convient. Les sentiments d’insécurité et de peur que l’on peut déceler dans notre société ont des origines diverses : les effets d’une politique néolibérale, le démantèlement des services publics, la répartition des richesse, les possibilités de formation, les angoisses quant à l’avenir des jeunes. La meilleure protection réside dans une société juste, dans le plein emploi, dans la sécurité matérielle, dans un système de formation bien développé et dans la recherche permanente de cohésion sociale liée aux échanges et solidarités intergénérationnelles et interculturelles.
L’AdG considère que Sion est une ville sûre. Les statistiques des rapports de gestion annuels dénotent un niveau d’incivilité faible. Afin d’améliorer encore cet état de fait essentiel pour le bien-être général de la population, nous avons soutenu la séparation du Service des ambulances avec le Service de Police afin de permettre un renforcement du nombre d’agents municipaux. Il s’agit de diriger le travail de la police sur la prévention, de coordonner les mesures policières avec les différents acteurs et services éducatifs ou sociaux et de mettre en place les moyens de formation et financiers nécessaires. Il s’agit aussi de distinguer ce qui est de l’ordre de la sécurité et de l’insécurité ou du sentiment d’insécurité. Les trois « lieux » sociaux les plus dangereux sont le travail, la famille et la route. L’insécurité ressentie n’est donc, le plus souvent, pas liée à des menaces réelles.
Pour autant, ces dernières ne doivent pas faire l’économie d’une analyse. C’est pourquoi trois domaines nous préoccupent particulièrement : la violence domestique, le suicide et la délinquance juvénile. Les femmes et les enfants sont les premières victimes de la violence domestique, dans l’entourage et dans la vie de couple. Le problème du suicide ne cesse de croître, particulièrement le suicide des jeunes et des personnes âgées. Quel est le sens de l’augmentation des menaces et lésions corporelles commises par des mineurs ? Ces mineurs ne sont-ils pas aussi victimes d’un système déstructuré et sans valeurs ni repères ou, au contraire, d’un système tellement structuré, basé sur des valeurs et des repères dans lesquels ils ne se reconnaissent pas ? Quelle prévention efficace et quelles mesures sont possibles ?
Même s’il est important de souligner le rôle de chaque citoyen-ne, la sécurité publique est de la responsabilité de l’Etat et des collectivités publiques. Au nom de la responsabilité individuelle, certains veulent faire porter le poids des violences et des incivilités des jeunes sur les seuls parents. Un parent absent n’est pas forcément un parent démissionnaire, surtout lorsque son absence est due aux exigences toujours plus grandes du système économique. Une société qui n’écoute pas et ne répond pas aux besoins des enfants, des parents et des familles, produit de fait elle-même de l’incivilité et de la violence.
C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS :
de mieux informer le public afin de permettre une perception réelle de la sécurité publique et
des incivilités. Il s’agit d’élaborer un discours serein en matière de données statistiques sur
l’insécurité, au lieu de dramatiser ;
de mettre en place, en collaboration avec les organismes existants (office de protection de la
jeunesse, LVT, Parpas, Service médico-social, LICRA, LAVI…), des instruments permettant
de dépister et d’accompagner de manière professionnelle les personnes prédisposées aux
actes de violence contre eux-mêmes ou contre autrui ;
de sensibiliser les enseignant-e-s et les élèves aux problèmes de violences, d’incivilités,
du suicide, du racisme, du racket, de violence domestique ou de la consommation de
drogues ;
de mettre en place des forums par quartier afin d’aborder ces questions de manière
pragmatique et surtout spécifique à la réalité de chaque quartier ou de chaque centre
scolaire ;
de créer une structure de type « observatoire de la sécurité » auquel la population peut faire
part de ses observations, préoccupations et difficultés ;
de renforcer le soutien aux familles par un développement des structures d’accueil d’enfants
à la journée, ainsi que des structures d’occupation et de loisirs, pour permettre aux enfants et
aux jeunes d’acquérir des valeurs de respect et de responsabilité, avec un encadrement
professionnel approprié posant des règles et repères clairs ;
de renforcer les moyens de l’éducation de rue (augmentation de postes de travail) ;
de favoriser les structures et événements permettant les échanges interculturels et
intergénérationnels pour promouvoir les notions de respect, de découverte et de partage
(RLC, fête de la jeunesse, festival Art de rue …) ;
de lutter contre l'incivilité qui attise les sentiments d'insécurité. Face à certaines formes
d'incivilité, ne constituant pas un délit au sens de la loi, la police doit améliorer sa capacité
d'écoute et d'analyse ;
des planifications et des aménagements urbanistiques tenant compte des problématiques
sociales et sécuritaires afin d’éviter la création de « ghettos » et de lieux ou de quartiers « à
risque » (mixité des fonctions, mixité sociale) ;
l’amélioration de l’éclairage et de l’accessibilité des lieux sombres générateurs d’insécurité ;
de maintenir les tâches de police en mains publiques, avec des effectifs suffisants et bien
formés ;
de donner la priorité à une police préventive selon le concept de police de proximité
impliquant une coordination importante avec l’éducation de rue.
B. POLITIQUE D’INTÉGRATION POUR LES POPULATIONS MIGRANTES
Pendant la législature 2004-2008, l’AdG a obtenu, sur proposition du 14 juin 2005, la création d’une sous-commission de l’intégration des étrangers, qui a elle-même proposé et obtenu la création d’un poste de délégué-e à l’intégration des étrangers (50%). Le poste est pourvu depuis le 1er juin 2006, en première valaisanne. Il est encore un peu tôt pour tirer le bilan de son activité. La sous-commission continue son travail. Après avoir mis sur pied les « Rencontres d’ici et d’ailleurs », elle dresse actuellement un inventaire des besoins des quartiers en matière d’intégration.
Mais cela ne doit pas nous empêcher de faire des propositions concrètes pour parvenir à une politique d’intégration efficace.
Sur les 28’553 habitant-e-s que comptait la Ville de Sion au 31 décembre 2007, on dénombrait 61,8% de Valaisan-ne-s, 13,7% de Confédéré-e-s et 24,5% de personnes de nationalités étrangères au bénéfice d’un permis de séjour (B ou C). Si les langues dominantes sont le français (70%), l’allemand et l’italien (5% chacune), les autres langues représentent ensemble 20% de la population, c’est-à-dire 1 habitant-e sur 5.
Depuis une bonne cinquantaine d’années, la question des populations migrantes est une des préoccupations majeures de la politique suisse. Si le statut des saisonniers, avec ses conditions parfois inhumaines, a été supprimé, la nouvelle loi sur les étrangers entrée en vigueur au 1er janvier 2008 définit une politique migratoire caractérisée par l’exclusion quasi-totale de tout travailleur et travailleuse non ressortissant de l’Union Européenne (UE) ou de l’Association Européenne de Libre Echange (AELE). D’un autre côté, la loi fédérale institutionnalise l’encouragement de l’intégration de la population étrangères. Elle définit que « l’intégration des étrangers vise à favoriser la coexistence des populations suisse et étrangère sur la base des valeurs constitutionnelles ainsi que le respect et la tolérance mutuels » (art. 4 al. 1). La Confédération, les cantons et les communes doivent créer « des conditions propices à l’égalité des chances et à la participation des étrangers à la vie publique ».
C’est donc également une tâche légale de la commune de favoriser l’intégration, notamment par l’apprentissage de la langue, la promotion professionnelle et des mesures de prévention en matière de santé.
C’EST POURQUOI NOUS PROPOSONS :
que soit menée une politique d’intégration ouverte, qui ne vise pas que les titulaires d’une
autorisation de séjour qui sont pour la plupart des ressortissant-e-s de l’UE ou de l’AELE,
mais également les autres étrangers (requérants d’asile, admis provisoires, voire sans
papiers) ;
d’utiliser l’école comme moyen d’harmonisation entre les populations suisses et étrangères
d’une part, et pour favoriser l’intégration professionnelle d’autre part ;
que soit introduit le droit de vote et d’éligibilité pour les étrangers et étrangères ayant un
permis d’établissement (C) au niveau communal. L’intégration suppose que ceux-ci se
familiarisent avec la société et le mode de vie en Suisse. Pour une intégration totale, sans
négation de la culture originaire, le droit de participer à la vie publique est essentiel ;
de soutenir activement les associations d’étrangers, en les encourageant à favoriser, en leur
sein, une meilleure intégration de leurs membres et surtout des nouveaux arrivants ;
d’inviter les jeunes étrangers et étrangères à assister aux manifestations de promotion
civique, pour les encourager à participer dans la mesure du possible à la vie citoyenne ;
de créer des postes de médiateurs et médiatrices scolaires dans les classes primaires, et
systématiser les heures d’appui aux élèves de langues étrangères ;
de soutenir les activités de la maison des cultures au Totem-RLC (projet « Viens chez moi,
j’habite à Sion »), la bibliothèque interculturelle « L’Ardoise », ainsi que tout projet culturel
visant l’intégration des étrangers ;
d’inciter les fournisseurs d’accès à augmenter leurs offres de programmes TV en
langues étrangères ;
de soutenir activement les mesures d’aide à l’apprentissage du français pour les parents
migrants ;
de soutenir la formation de médiateurs et médiatrices culturels ;
d’instaurer des rencontres et des échanges interreligieux ;
d’encourager les fêtes de quartier et de soutenir les manifestations interculturelles.